C’est une phrase qu’on pense souvent très fort, mais qu’on dit rarement à voix haute. Parce qu’elle dérange, parce qu’elle fait peur, et surtout parce qu’elle remet en question tout ce qu’on croyait solide.
On nous a appris que l’amour devait suffire
Qu’un couple qui fonctionne, qui est stable, complice, fusionnel, était forcément un couple heureux. Alors quand le désir disparaît, on ne sait plus très bien quoi en faire. On doute de soi, on doute de l’autre, et on finit souvent par minimiser, en se disant que ce n’est “pas si grave”.
Dans cet épisode de L’Incartade, Sarah raconte une histoire qui vient précisément toucher cet endroit-là. Elle parle d’un amour réel, profond, d’une relation qui a compté, et qui pourtant s’est fissurée à un endroit difficile à nommer : celui du désir. Parce qu’on peut aimer quelqu’un sincèrement et, malgré tout, ne plus se sentir vivante dans le lien.
Ce qui est troublant dans son témoignage, c’est qu’il n’y a pas de rupture nette, pas de conflit évident qui expliquerait tout. Le désir ne disparaît pas du jour au lendemain, il s’efface progressivement, presque silencieusement, jusqu’à créer un décalage intérieur. On reste, parce que “tout va bien sur le papier”, parce qu’on a construit quelque chose, parce qu’on ne voit pas très bien sur quoi s’appuyer pour justifier un bouleversement. Et pourtant, ce manque finit par prendre de plus en plus de place.
La relation qu’elle décrit est aussi très fusionnelle, et c’est là que les choses deviennent intéressantes. On idéalise souvent la fusion, cette impression d’être profondément lié à l’autre, en sécurité, en confiance. Mais quand il n’y a plus vraiment d’espace, plus de distance, plus d’altérité, le désir a du mal à circuler. On continue d’avancer ensemble, mais quelque chose, en soi, se met en retrait.
À cela s’ajoute la jalousie de son partenaire, qui vient encore resserrer le cadre. Ce n’est pas forcément violent ou spectaculaire, mais c’est suffisant pour compliquer la parole, pour rendre plus difficile le fait d’exprimer ce qui ne va pas. Et petit à petit, une question s’installe, souvent à bas bruit : où est-ce que je suis, moi, dans tout ça ?
Puis il y a une rencontre
Quelque chose qui réveille, qui remet du mouvement, qui redonne une sensation de vie. L’infidélité arrive là, non pas forcément comme une décision réfléchie, mais comme une forme de débordement, presque une tentative de reprendre de l’air.
Mais ce que Sarah tenait vraiment à transmettre, et qu’elle m’a demandé d’ajouter ici, c’est que cette sensation de “respiration” a un coût. Un coût dont on parle peu, parce qu’il est plus intérieur, moins visible. Après coup, il y a bien sûr la douleur infligée à l’autre, mais il y a aussi celle qu’on porte soi-même. Le doute s’installe — est-ce que ça en valait la peine ? — et avec lui viennent souvent le regret, la culpabilité, parfois même une forme de tristesse persistante dont on ne se défait pas complètement.
La suite n’est pas toujours celle qu’on imagine
La nouvelle vie, la solitude, tout ce qu’il faut reconstruire peuvent s’avérer plus difficiles que prévu. Et il arrive qu’on se retrouve face à quelque chose de déroutant : la sensation de ne pas aller mieux, voire d’être encore plus perdue qu’avant. Comme si le problème ne s’était pas résolu, mais déplacé.
C’est pour ça que le message de Sarah n’est pas une injonction, ni une leçon. Elle ne dit pas ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Elle invite plutôt à ralentir, à ne pas fuir trop vite, à tout tenter avant de basculer : parler, oser dire ce qui ne va pas, se faire accompagner, essayer de comprendre ce qui se joue vraiment. Pas pour sauver à tout prix, mais pour prendre une décision qui soit la plus consciente possible.
L'infidélité n'est pas toujours le vrai sujet
Parce qu’au fond, et c’est peut-être le point le plus important, l’infidélité n’est pas toujours le vrai sujet. Elle peut être un signal, la manifestation de quelque chose de plus profond, de plus ancien, de plus intime. Et ce quelque chose-là, on peut le retrouver ailleurs, même après avoir quitté la relation.
C’est exactement cette question qui m’habite et que j’explore dans mon livre : ce qui se cache derrière l’infidélité, au-delà des faits. Ce qu’on cherche, ce qu’on fuit, et ce qu’on n’ose pas toujours regarder en face. Parce qu’au fond, ce n’est pas uniquement le couple qui est en jeu, c’est le lien à soi.
Si cet épisode résonne en toi, ce n’est probablement pas un hasard. Peut-être qu’il vient mettre des mots sur quelque chose que tu ressens déjà, sans réussir à le formuler complètement. Tu n’as pas besoin d’avoir toutes les réponses tout de suite, mais tu peux commencer par t’écouter un peu plus honnêtement, arrêter de minimiser ce que tu ressens, et te donner le droit d’aller voir.
Et si tu sens que c’est un moment charnière, que quelque chose demande à être traversé, alors tu n’es pas obligée de le faire seule.
✨ Pour aller plus loin
📖 Mon roman :
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🎧 Écouter l’épisode :
💬 J’accompagne aussi les femmes qui traversent ce type de questionnements, quand elles sentent que quelque chose doit bouger, mais ne savent pas encore comment. Ecris-moi si tu souhaites en discuter.